Trouvez votre animal-totem avec Cochons de Chiens

Souvenez-vous, il y a deux mois, nous inaugurions notre nouvelle rubrique : l’Interrockatoire. Des interviews sans concession quelque part entre l’intransigeance de David Pujadas et la finesse d’analyse de la Stasi (ou serait-ce l’inverse ?). Parce que nous trouvons plus fun de demander à des artistes de répondre à nos sujets d’interrockations que de les interroger sur la couleur de leur première guitare, nous poursuivons aujourd’hui l’exercice avec le groupe Cochons de Chiens qui s’astreint ici à coller à son propre mantra : « La pire chose qui puisse arriver, hormis de ne pas être compris, c’est… de l’être ! ».

Certains disent que nous sommes le fruit de nos origines, que la terre qui nous a vu naître influe sur nos parcours. Que la lugubre scène black metal n’aurait pu naître que dans les espaces abandonnés de la Norvège. Que la trippante scène trip-hop n’aurait pu voir le jour que dans la pluvieuse Bristol. Foutaises. Cochons de Chiens n’a que faire de ces prophéties de présentateur météo. Eux viennent de Carras, quartier niçois, réputé pour ses plages et ses tournois de pétanque. Pourtant, rien dans leur musique ne respire le soleil sudiste. Pas une pointe d’accent chantant dans leurs litanies. Des sonorités qu’on imagine mal égayer les soirées mondaines d’Estrosi ou la Promenade des Anglais. Un grand fatras d’influences où viendraient se bousculer Nick Cave, The Kills, Gainsbourg, Sonic Youth et Suicide, le tout porté par des textes surréalistes chantés dans la langue de Bashung. Musicalement, le duo n’a guère d’accointances avec le reste de la scène française, pas du genre à avancer en meute. On parle ici d’un art du rock exercé dans l’ombre depuis bien des années maintenant. Cinq albums studio au compteur (Jésus de Carras en 2013, La Légion des Égarés en 2016, Vivants d’Hier en 2018, Casse-Gueule en 2021 et Dieu te Regarde en 2023), un live enregistré il y a tout juste quelques mois et un bon paquet d’années à jouer ensemble sous d’autres formes encore avant cela ; autant dire que c’est râpé pour la Victoire de la Musique catégorie Meilleurs Espoirs. Une seule interview de ces gars-là suffit à vous convaincre que leur but n’est ni la gloire ni la célébrité. Une ode permanente au minimalisme : Xian à la guitare, Gilles-Alien au chant et autres tripatouillages sonores et une boite à rythme. Basta. Sur scène, un cercle minuscule posé au sol pour délimiter l’espace de jeu scénique et conserver l’intimité coûte que coûte. Pas de place pour les fioritures. Un rock sombre et rentre-dedans où la prose est un instrument à part entière. Des textes entre lyrisme noir et absurdité cryptique qui rendent l’univers de Cochons de Chiens si singulier. L’interview qui suit s’en veut un modeste aperçu.

Déclin de langue française, la faute à Elvis ?

Nous sommes une chanson française profondément ambivalente, à la fois pétrie de conventions & complice de ceux qui les ignorent comme Elvis.

La réforme des retraites est-elle une menace pour la relève du rock’n’roll ?

Nous sommes une overdose de sucrerie, seul le diabète nous menace.

Doit-on abandonner la lutte écologique aux fans de reggae ?

Nous sommes comme Métal Urbain dans « Ferme ta gueule écologiste » et pour faire chier toutes les musiques de rastas « unite to take over » du monde entier.

Le rock à papa vit-il ses dernières heures ?

Nous sommes vivants d’hier.

Brexit : une bénédiction pour les mélomanes anglais ?

Nous sommes Militaire Fantaisie, un titre emprunté mais nous le rendrons à Bashung dès son retour.

Macron repoussera-t-il l’âge de départ au Club des 27 ?

Nous sommes un appétit de vide ordure presque à l’âge de la carte vermeil !

Esprit de Noël et Musique du Diable font-ils bon ménage ?

Nous sommes la peur de l’enfer qui n’est guère performante au HELLFEST.

Pourquoi faut-il boycotter le 50ème anniversaire de Dark Side of the Moon ?

Nous sommes contre bien sûr, on like les mecs qui crachent sur leur public !

Beatles ou Stones : faut-il vraiment choisir ?

Nous sommes les Rolling Stones qui tirent la langue

Le Dry January est-il une pratique rock’n’roll ?

Nous sommes un sourire narquois, c’est bien NOUS !

Quelle playlist pour briser efficacement votre couple?

Les Hard Rock Cafés seront-ils épargnés lors du Grand Soir ?

Nous sommes le messie cosmoplanétaire.

49.3 est-il le nouveau 666 ?

Nous sommes au 49.3 ce que… …comme les mecs qui veulent jouer du Synthé dans Motörhead !

Les rock stars survivront-elles au soulèvement des machines ?

Nous sommes les rois de la pompe comme le passé qui passe en playback au Hellfest !

L’Eurovision est-elle plus démoniaque que le Hellfest ?

Nous sommes comme l’eurovision, transclasse, transgenre, transe tout court !

A-t-on encore réellement besoin des rock critics ?

Nous sommes comme les rock critics qui n’ont plus grand chose à perdre & en conséquence plus rien à gagner !

Le Monde d’Après se fera-t-il sans festivals ?

Nous sommes comme Oscar Pistorius, nous n’avons jamais mis les pieds dans un festival !

Que siroter en écoutant une piña colada ?

La place du punk est-elle au musée ?

No futur, un passé qui passe, un futur qui pousse ?

2023 au Panthéon des grands millésimes rock ?

Nous sommes en 2023, chasse, pêche & musique mortelle.

20/20. Cochons de Chiens a répondu à nos vingt premières Interrockations. Pour découvrir les articles qui se cachent derrière ces questionnements méta-punko-physiques, prière de flâner sur notre site ou de vous abonner à notre page FB. À la bonne vôtre !

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