Interrockatoire – Épisode 3. On continue de harceler des musiciens pour qu’ils répondent à nos sujets d’Interrockations. Et ça marche !
Eat The Rest, c’est le récit de l’american dream de Big Tor’s Roadman, le plus ricain des lorrains et de sa passion savamment cultivée des States. Pas une passion anodine puisque c’est à Saint-Dié-des-Vosges que le mot « America » fût apposé pour la toute première fois sur une carte. Et tout comme le Nouveau Monde naquit au terme des Grandes Expéditions, c’est en débarquant à Lyon en 2012 que notre héros amorça la création de Eat The Rest. Aidé de ses acolytes Edouardos et Tony Warface, il enregistre en 2015 dans un garage à mobylettes Full Them Up, puis, huit ans plus tard, le fameux Zero Dollar qui nous réunit ici aujourd’hui.
Commençons par l’artwork, voulez-vous, sans qui cette chronique n’aurait pas été possible. Nous vous éviterons les pompeux discours de diggers affirmant que les meilleures découvertes ne se font qu’en tapant le bout de gras avec des disquaires moldaves à trois tétons ou en arpentant les vide-greniers les soirs de pleine lune car, oui, confessons-le, c’est en scrollant paresseusement dans les limbes d’internet (un de ces fameux dimanches en slip) que nous sommes tombés fortuitement sur ce visuel qui nous a de suite aguiché l’œil. Un joyeux bordel cartoonesque bigarré et truffé de détails, un Où est Charlie ? version western lysergique que vous pouvez admirer en tête de cet article. La légende raconte que l’œuvre a été dessinée et inspirée par la simple écoute de la musique de Zero Dollar (et à chaque titre correspond une illustration comme vous pourrez le constater dans le lecteur Bandcamp). Une légende que l’on a guère de mal à croire une fois le casque posé sur les oreilles.
De la déglingue, du grunge, une boîte à rythmes, de la nonchalance, des moteurs de motos, de la fuzz, de la cuica, voilà tout ce que l’on peut entendre sur cet album vendu sur Bandcamp pour la modique somme de … (on vous laisse deviner). Ça fleure les nineties à plein nez, ça larsen, ça éraille et vas-y les basses grassouillettes. C’est bien simple, on se croirait balancé en plein sur Incesticide (le meilleur album de Nirvana pour ceux qui l’ignoreraient encore). Des preuves ? L’album démarre fort par Pathe Croute, où jamais un accent ricain et de la saturation n’auront mieux vanté la Lorraine et son terroir. S’ensuivent Summer Tube qui enterre tous les tubes latinos estivaux passés et à venir et Sucker qu’on imagine sans problème orner la bande-son de FIFA98 (seuls les vrais savent). Si Drunk et Beatnicks ralentissent le tempo, l’affaire n’y perd pas désinvolture slacker. Et si on remplaçait les solos de guitares par une pétarade de bécane immatriculée 54 ? Down Off tente le coup et prouve que la moto est un instrument rock comme les autres.
Des bangers, ce n’est donc certainement pas ce qu’il manque sur ce disque foutraquement rock’n’roll qui ravira sans coup férir les fans de grosses cylindrées, de pâtés lorrains et/ou de revival grunge. Sans aucun doute, un album qui se positionnera habilement comme candidat à la catégorie « Petites Découvertes de derrière les fagots » de votre Top Album 2023.
La réforme des retraites est-elle une menace pour la relève du rock’n’roll ?
La retraite, c’est pas très rock’n’roll de toute façon.
La réforme des retraites : pas une menace.
Doit-on abandonner la lutte écologique aux fans de reggae ?
Les reggaemen ont enfumé la planète avec leurs gros bédos mal roulés et les rockeurs sont là pour les en empêcher avec des grosses motos et des clés à molettes. Tout est dit dans notre morceau Beatnicks (à écouter ci-dessus en Track 5).
Le rock à papa vit-il ses dernières heures ?
Et le rock à maman alors ??? Le rock à papa, c’est la rouille sévère. Place aux jeunes bordel !
Esprit de Noël et Musique du Diable font-ils bon ménage ?
Oui à 666% .
Pourquoi faut-il boycotter le 50ème anniversaire de Dark Side of the Moon ?
C’est un peu chiant de fêter l’anniversaire d’un album, non ? Surtout quand on l’a déjà écouté des centaines de fois… Tiens au fait : le premier anniversaire de l’album Zero Dollar c’est l’année prochaine. YEAH !
Beatles ou Stones : faut-il vraiment choisir ?
Arf compliqué… c’est un peu comme choisir entre du sel et du sucre, ça dépend.
Le Dry January est-il une pratique rock’n’roll ?
Il fallait réussir à placer Dry et Rock dans la même phrase, c’est ça ? Bravo !
Les Hard Rock Cafés seront-ils épargnés lors du Grand Soir ?
Trop franchisés pour être épargnés.
49.3 est-il le nouveau 666 ?
Carrément ! Ça m’étonnerait pas qu’un groupe de métal ne porte pas déjà ce blase.
La place du punk est-elle au musée ?
Le musée du Punk ça me parle ! Avec un stand de tatouages obligatoires à l’entrée et une boutique de souvenirs qui vend des teintures, des fausses crêtes, des chaînes et des poings américains.
Quelle playlist pour briser efficacement votre couple ?
Pour faire ça en beauté, il y a la playlist Formula’06 de DJ VISAGE :
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