Dans notre quête sans fin pour dégoter aujourd’hui le « c’était mieux avant » de demain, nous vous présentons ici-bas EPIQ et leur dernière sortie en date dont nous vous avions déjà parlé lors de notre top estival. Le trio en a profité pour répondre à notre interrockatoire. Attention, voyage sonore imminent.
Digne de figurer dans une épopée. Voilà ce qu’on peut trouver en face de la définition du mot « épique » dans ce wikipédia du passé que l’on nommait dictionnaire. En se basant là-dessus, il n’est pas exagéré de dire qu’EPIQ n’a pas usurpé son blaze. Combien de groupes peuvent, en effet, se targuer d’associer métal expérimental et répertoire traditionnel mandingue (culture d’une grande partie de l’Afrique de l’ouest) ? Le pouvoir du triple B à son paroxysme: Basse, Batterie, Balafon. BIM ! T’en balbuties de béatitude ! Si ça ce n’est pas de l’épopée musicale ! À l’heure des procès en appropriation culturelle, les gaillards s’affranchissent de toutes les frontières. No border ! Du métissage musical à en faire saigner les tympans zemmouriens.
Avant tout, pour fomenter une telle expédition sonore, il s’agit de réunir une équipe de choc. Avec chacun un CV musical long comme le bras, Matgaz et Laurent Paradot, les instigateurs du projet, sont de cette trempe là. Entre autres faits d’armes, le premier tient les fûts chez Mars Red Sky, le second la quatre cordes chez Gâtechien. Pas exactement nés de la dernière pluie. Les expérimentations démarrent donc en duo, rapidement étoffé par un troisième larron venu un soir, après un concert, les informer qu’ils jouaient de la musique africaine sans même le savoir. Mickaël Henry-Ledru (aka L’Indien) rejoint alors l’aventure avec tout son bagage de savoirs et d’influences africaines glanés au fil des années, des rencontres et des voyages. Et comme aurait pu l’écrire l’ami Blier, « dis-donc, le mec au balafon, c’est pas un manchot ». Un périple de 15 jours en Côte-d’Ivoire pour se familiariser avec le répertoire mandingue auprès de musiciens locaux plus tard et le trio est d’attaque pour faire péter les coutures de la world music.
Pas Bravo la Viande est paru en mars dernier. Derrière un nom d’album si cool qu’il inciterait plus aisément au véganisme que tous les discours d’Aymeric Caron, 6 titres qui posent humblement les bases de l’afro world punk. Il faut dire qu’on ne voit pas trop qui s’était aventuré dans de telles contrées avant cela (si ce n’est Cheveu et leur excellent feat album avec Group Doueh). Les hostilités démarrent avec La Frairie, petite bombe dansante où s’entrechoquent la lourdeur du stoner et la mélodie du balafon. Le décor est planté et le reste sera à l’avenant : les choeurs féminins d’Alampiq (samplés d’un album de Baba Touré), les participations vocales traditionnelles de Abdoulaye Dembélé sur Pas Bravo La Viande et de Lassina Coulibaly sur le titre James Krin se marient à merveille au barouf rock orchestré par le reste de l’équipe. Epiq et Colegram en pénultième pépite disco rock africanisée et l’épique (!) finish de Dununba pour clôturer ce périple à nul autre pareil.
Sans doute aucun un des albums les plus fantasques et audacieux de l’année. Une invitation au voyage sonore pour EPIQuriens.
Peut-on décemment assister à un concert de coldwave en tongs / bermuda?
Matgaz : Absolument, l’habit ne fait plus le moine aujourd’hui en l’an 2000. Les cartes sont redistribuées, il y a des infiltrés partout, on voit des popeux faire du métal, des métalleux flirter avec le bon goût… Bref, il n’y a plus de limites et c’est tant mieux !
Pourquoi tout le monde déteste The Police ?
Matgaz : C’est une incompréhension ! Je crois que l’aversion générale est plutôt dirigée vers son chanteur. Personnellement je pense que ça renvoie plus à de la frustration car cet homme est un excellent chanteur, bassiste et compositeur ce qui n’est pas donné à tout le monde. Haters will hate.
Pourquoi faut-il boycotter le 50ème anniversaire de Dark Side Of The Moon ?
Matgaz : Peut être parce que leur bassiste fait décoller un cochon gonflé à l’hélium flanqué d’une étoile jaune à la fin de ses concerts ? Sinon je ne vois pas…
L’indien : Et il est évident que l’album « Animals » est bien meilleur.
Le rock c’était mieux ailleurs ?
Matgaz : Naturellement ! C’est humain, un groupe de rock étranger est toujours meilleur qu’un groupe local. Le groupe de là bas est meilleur que le groupe d’ici, enfin !
A-t-on encore réellement besoin des rock critics ?
L’indien : Non, d’ailleurs on n’en a jamais eu besoin. Ça brosse que le s.i.f. de l’artiste alors que les poils des oreilles sont anarchistes. Ils ne croient que ce qu’ils ouïr !
Beatles ou stones, faut-il choisir ?
L’indien : Un groupe qui fait la même chose depuis 50 ans ou un groupe qui a su se renouveler et transcender la musique ? Les poils de mes oreilles n’hésitent pas une seconde !
Que siroter en écoutant une pina colada ?
L’indien : 1 tiers de Tigran, 1 tiers de Django et 1 tiers de Gainsbourg (faire gaffe au dépôt quand même).
Les rock stars survivront-elles aux machines ?
L’indien : Bien sûr ! On a besoin d’une image qui nous ressemble. La froideur du clavier, la frigidité de la souris ou l’absence d’amour du processeur ne remplaceront jamais la muscu’ de beauf ou le cul de bimbo de l’artiste !
Parad : Je suis moins optimiste que l’indien… L’IA est de plus en plus présente. À mon sens, on va finir par écouter de la musique faite par un ordinateur sans s’en rendre compte. La plupart des gens écoutent de la zik sans savoir qui la joue, la chante, la produit donc une AI ou autres au final, si ça leur fait du bien… c’est l’évolution de notre espèce !!!
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Ces questions totalement absurdes auxquelles ont gentiment accepté de répondre EPIQ sont nos sujets d’interrockations. Derrière ces intitulés punko-existentialistes, des chroniques rock’nrollesques à retrouver dans l’onglet Saison 1. Abonnez-vous à notre page FB pour ne rien louper et bonne lecture!

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